Mon homme arrive, tente de me rassurer… Mais plus le temps passe, plus il réalise que Similien ne va pas bien du tout. Il n’a plus de voix!
On patiente aux urgences, encore et encore… ILs ne mesurent pas encore à quel point Similien va mal. « bah non, c’est un bébé tout à fait normal! »
ça hurle dans ma tête!!! Je doix rester calme, expliquer encore pour convaincre. Mais j’ai qu’une envie: crier. Crier, secouer l’interne pour le faire réagir! « Non, il n’est pas du tout normal, on te dit!!! Similien hurle tout le temps à la maison, il réagit à peine ici! »
Il n’a plus de voix, plus assez de force pour s’énerver ou pleurer… On ne devrait même pas s’entendre parler…
A force de répéter, d’insister, encore et encore, on nous annonce qu’ils vont demander l’avis du pédiatre sénior… Enfin!!! mais aussitôt l’interne rajoute « pour nous il va très bien, vous pourriez déjà rentrer chez vous… » Mais qu’est ce qui se passe ic??? Faut-il qu’on devienne hystérique pôur qu’ils réagissent?????? Je suis à bout… On décide d’emmener Similien dans tous les cas voir le doc à 18h30 comme prévu dès qu’on sort d’ici…
Une pédiatre a entendu parler des internes de notre fils, elle veut l’examiner…
Pour elle, il n’a rien mais ce que je décris, les mots forts que j’emploi « je l’ai vu mort » l’inquiète. Elle n’était pas là lors du malaise, mais sait qu’une maman ne dit pas ça à la légère. Elle m’interroge encore et encore sur le malaise.
Elle nous propose de mettre Similien sous surveillance le soir, voire la nuit pour ME rassurer. Elle insiste. Je lui explique qu’elle m’angoisse.
Ou mon fils va bien, il ne risque rien et donc on le reprend ou il a un réel soucis et il reste ici. Faut savoir! On ne va pas resortir sans réponse!
Elle me propose la visite d’un psy… Elle n’a rien compris… Bien sûr que je me sens mal à ce moment là… Mon fils était mort pour moi… Evidemment que je suis secouée! J’ai besoin de savoir MAINTENANT si mon fils va bien ou non. Et s’il va bien, on rentre…
Elle réinsiste… maintenant elle l’hospitalise pour le soir et éventuellement la nuit, et voudrais que j’en profite pour voir le psy…
ça s’énerve en moi, ça s’énerve et je reste calme, mais ça bouillonne… je pleure. On ne me prend pas au sérieux. Je suis une maman poule qui suis trop collée à mon fils… c’est moi qui engendre son comportement colérique… etc bref j’ai besoin de voir un psy! Plus ça vient, plus je me dis que JF va repartir avec notre fils et qu’ils vont m’hospitaliser parce que j’insiste sur le fait qu’il y a un problème avec Similien. Mon homme veut partir, emmener Similien voir d’autres médecins vu qu’ici ils ne nous écoutent pas…
Une vraie torture… Elle ne comprend rien… Ni elle, ni les autres… Elle repart de la salle d’examen en nous disant de nous préparer pour l’hospitalisation…
Elle revient « bizarre ». Elle avoue avoir « merdé »… Tellement absorbée par le type de malaise qu’il avait pu faire, qu’elle en a oublié la procédure à suivre… Elle a parlé avec le fameux pédiatre sénior qui lui a rappelé que « petit ou gros malaise, ça reste un malaise! Il faut l’hospitaliser pour faire des examens et déterminer d’où ça vient… » Que ça peut-être un malaise qui aurait pu conduire à la mort subite du nourrisson, que ça pouvait être son rhume ou bien autre chose…
Mort subite du nourrisson????? Oh mon Dieu! Je me revois à nouveau à l’appartement, je pleure…
Ils vont s’arranger pour qu’ils passent tous les examens vendredi. Le soir même, il fera un électrocardiogramme, les résultats reviendront normaux.
Le lendemain matin, la doc revient et m’annonce qu’il va être hospitalisé d’un autre hôpital, deux pistes importantes pour eux:
- malaise dû à son reflux,
- ou le larynx qui se serre.
Il a déjà passé une radio du thorax, les résultats sont rassurants. Alors pourquoi le transfère-t-on en pédiatrie « pneumologie »???? Je cogite, encore et encore… Revois le doc qui m’assure qu’il n’y avait plus de place dans les autres services, que je ne dois pas m’inquiéter… Mais réinsiste pour que je vois un psy…
Entretemps, je me fais rembarrée par les infirmières… « Un bébé, son seul moyen de s’exprimer c’est pleurer, faut le laisser… » Chacun son avis. Nous , on ne pense pas pareil. Il y a shouiner et pleurer… Si bébé pleure, c’est qu’il veut nous dire qu’il y a un problème. C’est notre second, et on est bien content d’avoir toujours répondu aux pleurs de notre première… On a à présent une petite fille de deux ans hyper indépendante et confiante en la vie…
Similien est mal installé sur ce lit sur-élevé, il n’est pas bien, seul la position verticale le soulage, il s’endort contre moi…
J’en peux plus! Ils me font tous ch***, si je pouvais, je débrancherai mon fils du scope et me sauverai avec. Il est mal dans dans leur lit. Je le garde contre moi malgré les fils du scope… On m’engueule. « Mais enfin!!! Vous n’allez pas le garder contre vous jusqu’à vos 18 ans??? »
« Mais ça, je le sais bien! Conna*** Mais là, il est mal…. Il me réclame, il se calme aussitôt en position vertical…
Et s’est reparti! Je suis une mère possessive…On me reparle du psy! Là, j’explose: « envoyez-la moi votre psy, je vais lui dire ce que j’en pense de tout ça! »
Nous sommes enfin transféré en pédiatrie. Le personnel me parait beaucoup plus sympa, plus à l’écoute… Je me sens mieux… Eux, ça se voit, ils vont s’occuper de mon fils! On découvre notre chambre… Le lit est beaucoup plus sur-élevé… Pour la première fois, Similien sourit!
Un nouveau soulagement… Pourtant le cauchemar n’est pas terminé pour lui, pour moi… On m’annonce la couleur, les examens… Ils veulent lui poser une sonde dans l’oesophage en passant par le nez ainsi qu’un examen ORL par coelioscopie pour voir si malformation du larynx ou présence d’une tumeur, ainsi qu’un encéphalogramme…
Tout ça pour RIEN… Tout ça pour ME RASSURER…
Je me mets à culpabiliser… Je suis persuadée que mon homme m’en veut aussi, que c’est de ma faute s’si Similien va subir tout ça…
Il doit faire le premier examen à jeun… Il hurle de faim, de fatigue… je m’en veux!!! Vous n’imaginez pas à quel point… Je vous passe les détails de la pose de la sonde. Pas douloureux pour lui mais génant et desagréable. Il devra la garder 24h. Ils testent l’acidité qui remonte de l’estomac dans l’oesophage… On enchaîne avec l’encéphalogramme alors qu’il vient de prendre un biberon. Cet examen n’est pas du tout douloureux mais très impressionnant pour les parents, toutes ses électrodes posées sur une si toute petite tête, c’est terrifiant! J’avais l’impression de revoir une scène de « Saw »… Il est mal installé car allongé (sachant qu’en plus il vient de boire un biberon…) On me demande de sortir pendant l’examen… Je le récupérerai 45 min plus tard…
45 longues minutes où j’ai ressassé encore et encore ce qu’il se passait depuis la veille… Ai-je exagérer sur ce qui s’est passé??? ai-je trop paniquée??? Je suis sûre que non, mais je suis persuadée que mon mari, la famille pensent l’inverse… qu’à cause de moi Similien subit tout ça pour RIEN!!! je suis mal, mal, mal…
Je sors m’aérer, je n’ai pas dormi ni rien mangé ou presque depuis la veille au matin. « ça tourne ». Je vais donc prendre un encas à leur cafétéria. A mon retour, pas de Similien! Où est-il??? Ils ont du le réemmener en pédiatrie… Mais où est-ce??? Je suis incapable de retrouver le chemin. Je suis lessivée, effondrée… Une dame me réoriente, je retrouve mon fils entourés de puéricultrices et infirmières… Ses premières amoureuses… (il les fera toutes craquer pendant son séjour) Il sourit timidement et sombre dans un profond sommeil…
On m’informe que tout ce qui s’est passé c’est sans doute à cause de son reflux, qu’il testeront un traitement… que ce que je décris, notre vie depuis 3 mois, c’est vraiment ce que vivent les autres parents d’enfants à reflux…
Je me pose enfin, assise à regarder mon fils dormir, seul, pour la première fois depuis 2 mois au moins… Les examens l’ont achevé…
Une femme douce d’une quarantaine d’années, avec de grosses lunettes, un look très décalé, fait son apparition dans notre chambre… La psy!!! Je l’avais oubliée celle-là… Si j’accepte de m’entretenir avec elle???? Mais bien sûr… J’ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à raconter… Et j’entends enfin ce que je me tue à répéter depuis 48h. « Vous êtes juste une maman très à l’écoute de vos enfants…Restez comme vous êtes… » ça fait du bien!
Similien n’est plus vu comme un enfant colérique, on écoute enfin ses pleurs, on va enfin l’aider…